Églises, demeures, édifices publics et autres monuments protégés à Chartres. Découvrez leur histoire, leur architecture et leur protection au titre des monuments historiques.
Hôtel trapézoïdal sur quatre niveaux, dont l'entrée s'effectue par un porche à deux battants conservant, à la retombée de l'arc intérieur, deux petites têtes sculptées. Au 17e siècle, un large portail a été percé pour permettre un accès direct à l'arsenal municipal. Les murs gouttereaux présentent une série de corbeaux en pierre pour maintenir les chêneaux toujours en place. Le pignon ouest a conservé son aspect d'origine avec trois baies géminées, à chaque niveau, portant un décor sculpté animalier et floral. L'analyse dendrochronologique des bois a permis une date de 1270-1272, ce qui correspond au décor peint du pignon Est représentant deux cavaliers, dont l'un porte une tenue de joute. Ces cavaliers s'insèrent sous une bande blasonnée et s'appuie sur une frise de quadrilobes.
2e moitié 16e siècle;1ère moitié 17e siècle;4e quart 19e siècle1979/03/09 : inscrit MH ; 2000/03/02 : inscrit MH
Auteur : Piébourg Alfred (architecte)
Histoire du monument
La construction du couvent des Cordeliers date de 1570, le premier couvent ayant été détruit lors du siège de la ville en 1568 (la chapelle a été achevée en 1576 et le portail en 1572 ; chaque piédroit a conservé un bas-relief et un panneau d'inscriptions). Ces bâtiments conventuels, bien que remaniés intérieurement, ont gardé leur volume et leur aspect d'origine. L'ancien couvent des Cordeliers faisait partie du lycée Marceau ; il a servi pendant un siècle de cuisine et de réfectoire pour les lycéens. Le lycée a été construit en 1887 par l'architecte Alfred Piébourg, en pierres de Berchères (Eure-et-Loir). Il était prévu à l'origine pour accueillir 450 lycéens de la région chartraine. Il est caractéristique de l'architecture scolaire de la IIIème République. Il comporte notamment une cour d'honneur différente des autres cours, les bâtiments d'un étage sont bordés d'une galerie haute avec des ferronneries travaillées. L'édifice qui terminait de façon élégante l'ancien lycée Marceau, au sud, sur le boulevard de la Courtille, a d'abord constitué la chapelle, l'amphithéâtre de chimie puis le gymnase du lycée. La chapelle et l'amphithéâtre de chimie sont devenus Muséum d'histoire naturelle en 1968. Il accueille depuis 2003 le conservatoire de danse et de musique de la ville de Chartres.
Nommé préfet d'Eure-et-Loir le 21 février 1939, Jean Moulin refuse, en juin 1940, d'exécuter l'ordre de repli donné par le Gouvernement et décide de rester à Chartres pour y assurer la continuité des services de l'Etat. Le 17 juin 1940, il est arrêté puis interrogé et torturé dans les locaux de la conciergerie de l'ancien Hôtel-Dieu. La conciergerie a été élevée en 1866 et formait, avec le pavillon symétrique, l'entrée monumentale fermée par la grille du 18e siècle de la cathédrale, achetée à la Révolution.
Le bâtiment du séminaire Saint-Charles a été construit au 18e siècle. L'architecture en est très sobre, réalisée en brique et pierre. Des lucarnes en brique décorent le corps de logis principal. L'ensemble de la composition a gardé son caractère primitif. Seule la partie du mur de clôture sur rue et le logement du concierge sont modernes. En 1908, les archives départementales y ont été installées, mais celles-ci ont été transférées vers un autre site au début des années 2000.
Annexe du lycée Marceau, lui -même ancien couvent des Cordeliers. Les bâtiments du 18e siècle renferment deux salles superposées du 12e siècle, voûtées sur voûtes d'arêtes dont les retombées s'appuyent sur des consoles incrustées dans les murs et, au centre, sur une colonne cylindrique. La colonne du premier étage porte un pupitre en pierre faisant corps avec elle. D'après les moulures du chapiteau, ce pupitre parait être une modification faite au 18e siècle sur la colonne romane.
12e siècle;15e siècle;16e siècle;17e siècle1840 : classé MH
Auteur : Le Vavasseur Marine (peintre-verrier)
Histoire du monument
L'église actuelle a été reconstruite au 12e siècle (érigée en collégiale en 1108). Le portail roman est surmonté d'une rosace du 15e siècle. La nef est coupée, à l'est, par un transept. A l'intérieur, une voûte porte l'année 1480. Crypte romane. Au 13e siècle, construction de l'abside par enjambement de l'Eure. Au 16e siècle, ajout d'une chapelle Renaissance sur le bas-côté gauche, au-dessus de la descente de la crypte nord. En 1612, construction de la chapelle absidiale de la nef, également par enjambement de la rivière. Quatorze verrières ont été peintes en 1582 par Marine Le Vavasseur, représentant l'histoire de Moïse. Dans l'aile méridionale, une grande arcade ogivale percée en 1488 débouchait sur une galerie de communication avec l'église de Saint-Nicolas qui couvrait de son abside la fontaine Saint-André. La collégiale possédait, dans son enceinte, un cloître canonial, un hôtel-Dieu et des cimetières.
Plusieurs travées de l'église ont été démolies. Le choeur du 15e siècle, clos par une façade moderne, sert de salle de conférence. L'ancienne façade a été incorporée dans une maison. Lors de travaux de ravalement sur le placage moderne entourant la porte de l'immeuble, a été découverte la partie centrale de l'ancien portail roman, en pierre de Berchères.
Les Ateliers Lorin ont été fondés en 1863 par Nicolas Lorin, maître verrier, à Chartres, d'abord dans le quartier Saint-Chéron, puis au 46, rue de la Tannerie. Situés à l'est de la ville, entre l'Eure et le fossé de ville, les Ateliers ont été installés et construits en 1869 sur l'emplacement d'une ancienne tannerie, dans l'ancien quartier médiéval des métiers de la rivière, à une époque où la ville avait une structure bipolaire très affirmée : siège du pouvoir ecclésiastique et politique et aussi ville des marchands pour la ville haute, lieux de production et habitat des artisans pour la ville basse. Au pied de la cathédrale, dans ce quartier des bords de l'Eure, que le Secteur sauvegardé a contribué à préserver, les Ateliers Lorin ont peu changé depuis leur création et cela leur confère beaucoup de charme. Pendant plus de 100 ans, trois générations de Lorin se sont succédées. Nicolas Lorin a crée l'entreprise dans la deuxième moitié du 19e siècle. Il a exécuté de nombreux vitraux en France comme à l'étranger : Chartres, Paris, Lyon, New-York, Saïgon, Vienne, etc. En 1878, lors de L'Exposition Universelle, la Maison Lorin employait 53 personnes. Charles Lorin exerça son art de la fin du 19e siècle jusqu'au début de la Deuxième Guerre mondiale. Il a développé l'entreprise. Membre de la Chambre syndicale des artistes décorateurs, lauréat de la Société centrale des architectes français, Charles a été chargé par le Ministère des Beaux-Arts de la restauration des vitraux de la cathédrale et de l'Eglise Saint-Pierre de Chartres, de plusieurs autres cathédrales de France et d'un grand nombre de monuments historiques. François Lorin a maintenu l'entreprise tout au long du 20e siècle, d'abord avec son père, puis seul. Il est mort en 1972. Au décès de la veuve Lorin, l'entreprise a été achetée par Gérard Hermet, Jacques et Mireille Juteau, tous trois maîtres-verriers. Depuis la mort de Jacques Juteau en 1988, Gérard Hermet et Mireille Juteau continuent, avec leurs trois employés, à maintenir ces Ateliers et à faire vivre ce métier d'art. Les locaux possèdent encore une partie de leur équipement de la fin du 19e siècle.
Auteur : Redreau Jean (architecte) ;Ingrand Max (peintre-verrier) ;Château Stéphane du (ingénieur)
Histoire du monument
Fruit de la collaboration de l'architecte Jean Rédreau et de l'ingénieur Stéphane du Château, l'église Saint-Jean-Baptiste, construite dans le quartier neuf de Rechèvres à Chartres, présente un plan original, reflet d'une conception claire et renouvelée de la liturgie, une coupole qui retient l'attention pour l'utilisation du procédé tridirectionnel SDC (breveté par Stéphane du Chateau) , et une conception d'ensemble aboutie (dessin des portes, du mobilier). Edifiée de 1959 à 1962, elle incarne à la perfection les souhaits du clergé commanditaire de disposer d'un édifice simple et d'une mise en oeuvre relativement peu coûteuse. De cette contrainte financière est né un édifice original et innovant grâce à la coupole utilisant les structures spatiales dont du Château s'est fait le spécialiste, avec Richard Buckminster Fuller et Robert Le Ricolais. Une parure de vitraux de Max Ingrand est venue parachever l'édifice.
Installée depuis 1892, cette boucherie a conservé ses éléments caractéristiques : enseigne, marquise, décor en zinc et tôle peinte, marbres de couleurs, mobilier de métier. La devanture, due à Maréchal, se signale par la couleur traditionnelle du métier de boucherie et par sa marquise légèrement saillante sur rue.
1ère moitié 20e siècle1994/08/19 : inscrit MH partiellement
Auteur : Brandon Raoul (architecte)
Histoire du monument
Cet Hôtel des Postes a été édifié de 1923 à 1928 dans le style médiéval, par l'architecte Raoul Brandon. Seules les façades et les toitures ont conservé leur aspect initial. Le corps principal abrite la salle de tri, flanquée au nord-est de l'escalier principal à rampe circulaire compris dans un bâtiment de plan polygonal surmonté d'une flèche. A l'angle opposé, un pavillon épouse la courbe de la parcelle. Les façades sont ornées de décors en mosaïques. Les bâtiments réservés aux garages ont disparu.
Hôtel composé d'une cour carrée entourée de trois corps de bâtiments et close, côté rue, par un mur percé d'une porte monumentale. La construction est en moëllons enduits, pierres et éléments décoratifs en brique. De hauts combles décorés d'épis et de lucarnes couronnent le deuxième étage. Dans l'axe de chaque côte de bâtiment s'ouvrent des portes richement décorées. En arrière de la porte du bâtiment central s'élève un escalier à double rampe couvert en berceau de briques et pierres. Construit au début du 17e siècle, l'hôtel devint couvent des Ursulines en 1625, puis orphelinat en 1762 et enfin hôtel de ville. Il présente un excellent type d'architecture provinciale du 17e siècle.
Selon la tradition, Henri IV aurait couché dans la chambre de cette maison le jour de son sacre. La pièce est couverte de boiseries ou de tentures modernes mais conserve des détails caractéristiques de l'art de cette période (poutres et solives peintes ; moulures ; cheminée à pilastres surmontés d'un montant, sculptée et peinte...). Certains éléments de décors ont disparu : sur la cheminée, le médaillon peint représentant Céphale et Procris ; sur les pilastres de la cheminée, les deux appliques sculptées représentant des génies ailés ; sur la paroi latérale gauche de la cheminée, la peinture sur toile représentant Saint-Paul...). Extérieurement, le pignon sur rue présente trois étages avec entraits à moulures ornées de sculptures.
Les montants de la porte sont constitués par deux piliers ornés à l'intérieur d'arabesques et, sur le plat extérieur, de losanges. Deux chapiteaux identiques les couronnent à la naissance du tympan. Ce dernier est orné d'une coquille sous laquelle se trouve une inscription latine (Hors d'ici les querelleurs). Le quartier aurait abrité le tripot, ou jeu de paume de Jérusalem. Cette porte était sans doute son entrée.
Source : Ministère de la Culture, base Mérimée. Licence Ouverte pour les données. Photographies Wikimedia Commons lorsqu’une image est reliée à la référence du monument, avec son crédit et sa licence. D’autres photos peuvent être consultables sur POP. La notice précise le statut de protection ; le référencement ne garantit pas l’accès au public.