Églises, demeures, édifices publics et autres monuments protégés à Châteauroux. Découvrez leur histoire, leur architecture et leur protection au titre des monuments historiques.
L'ancienne église est bâtie sur un plan rectangulaire, terminé par un chevet plat. A l'ouest, un porche moderne a été ajouté devant le portail du 13e siècle. Il s'agit d'un exemple parfait et très rare d'une église franciscaine de la première moitié du 13ème siècle, présentant une architecture sobre et élégante et répondant à la recherche de simplicité et de pauvreté requise par la règle de Saint-François.
Construction du 18e siècle élevée à l'emplacement d'une maison acquise en 1769 par les ancêtres du général Bertrand. Les plans furent dressés par Martin Boucher, premier ingénieur du Roi. L'entrée monumentale ouvre sous un grand arc percé dans un mur écran qui continue la façade latérale de l'hôtel. Elle mène à la cour formée par le bâtiment principal et deux ailes en retour. Des constructions plus récentes ont allongé ces ailes. La façade sur jardin est animée par un avant-corps semi circulaire que forme le petit salon ovale. Cet avant-corps est couronné par une balustrade. A l'intérieur, le grand salon conserve des souvenirs de Napoléon Ier et du général Bertrand.
La tour de la prison était, au 13e siècle, l'une des six tours de l'enceinte du château seigneurial dénommé Château Raoul. Elle servait de prison à la justice de Châteauroux. Elle fut reconstruite en partie au 15e siècle, ainsi que l'arcade qui subsiste et constituait l'ancienne porte du château vers la ville. Une seconde tour encadrait cette porte, aujourd'hui disparue. Au niveau de la rue, la tour comporte une salle voûtée en coupole et est percée de chambres de tir et meurtrières à mire.
Auteur : Dauvergne Alfred (architecte) ;Girault-Dupin Narcisse (sculpteur)
Histoire du monument
La nouvelle église Notre-Dame doit son existence au conseil de farbique et aux habitants du faubourg des Capucins. De 1806 à 1878, les travaux d'agrandissement sont réalisés par l'architecte André Bisson puis Alfred Dauvergnepour la reconstruction. L'édifice est bâti dans le style roman et adopte un plan en croix latine, à trois vaisseaux, déambulatoire et chapelles rayonnantes. Une tour de croisée octogonale couvre la croisée du transept. L'influence du roman auvergnat est notamment présente par le jeu des matériaux et la polychromie par des pierres de couleurs et d'aspects différents. L'élévation intérieure est à trois niveaux : grandes arcades, arcature aveugle et fenêtres hautes. Un grand nombre de chapiteaux illustrent l'histoire sainte. Les sculptures ont été réalisées par Narcisse Girault-Dupin. Les vitraux posés en 1882 sont l'oeuvre des ateliers d'Oudinot, à Paris, et Lobin, à Tours.
La première église Saint-André ayant été démolie à la Révolution, une nouvelle église est décidée en 1843 et confiée à l'architecte André Bisson puis Alfred Dauvergne. Ce dernier réalise une église à trois nefs, avec un transept et deux clochers en façade, dans le style néo-gothique du 13e siècle. L'édifice a conservé une partie de son mobilier contemporain de la construction. Les vitraux sont de l'atelier Lobin, à Tours, et ont été posés en 1875-1876. Les verrières du choeur, endommagées par le bombardement de la gare en 1944, ont été remplacées par des vitraux de Detviller et Tillier d'Issoudun, posés en 1955 et 1963.
12e siècle;15e siècle;16e siècle1921/08/16 : classé MH
Histoire du monument
Le clocher, édifié au début du 16e siècle, présente des substructions romanes. La nef est moderne. A l'intérieur se trouve un porche à voûte nervée avec liernes, orné de clef et de culs de lampe. Au-dessus, tribune moderne. A l'extérieur, portail surmonté d'une niche et de fenêtres à meneaux flamboyants.
Auteur : Barge Jacques (architecte) ;Lalique René (peintre-verrier)
Histoire du monument
Projetée dès 1934, voulue unanimement par les habitants de Châteauroux en 1935 et inaugurée en 1937 par le président du Conseil, Camille Chautemps, la Maison du Peuple de Châteauroux serait le premier édifice construit en France pour réunir et coordonner, en une seule réalisation architecturale, rationnelle et homogène, les éléments d'un programme dont le but est d'assurer la santé, de faire l'éducation, enfin d'organiser les loisirs de la population d'une cité d'importance moyenne. En ces années difficiles, la réalisation, conçue par tranches, traîna en longueur. Elle n'était pas terminée en 1950. Par le caractère original de son programme, le Centre Social devait constituer un modèle pour une petite cité industrielle. Oeuvre de progrès social, il était appelé à devenir le centre véritable de la ville. Le groupement social accueillait les mères et les enfants pour une visite prénatale et une consultation des nourrissons, . Suivi au cours de sa croissance, l'enfant était ensuite préparé à un métier. Le Centre répondait à une nécessité : recréer dans les provinces françaises une élite d'artisans susceptible de maintenir et même de ramener dans les régions désertées pour l'usine de la grande ville, des contingents de travailleurs. Enfin, l'établissement intervenait pour que l'enfant et l'artisan ne galvaudent pas dangereusement leurs loisirs : bibliothèque, expositions, conférences, esplanades sportives. Le Centre social de Châteauroux est l'expression de l'énorme effort fait par le gouvernement du Front populaire, appuyé par les organisations communales, départementales et privées, pour tenter d'intégrer à la cité ceux qui campaient à ses portes, selon les termes de Léon Blum. Education populaire, loisirs culturels, culte de l'hygiène et promotion de la pratique sportive, politique sociale efficace tentant d'unifier les comportements et faisant entrer les Français dans l'ère de la médicalisation, etc., toute la perspective éducative mise en oeuvre pour tenter de bâtir un homme nouveau, équilibré, physiquement et intellectuellement cultivé, est présente dans le Centre social de Châteauroux. A ce titre, il s'insère dans l'histoire culturelle de la France. L'architecte Jacques Barge, né à Châteauroux, a traduit ce programme de rénovation sociale dans un édifice à la mise en ouvre économique, aux surfaces dépouillées, en béton simplement enduit, animé cependant par le jeu des verticales et des horizontales, des pleins et des vides, et les emboîtements de volumes aux lignes nettes. Comme l'internat de Vauvert que l'architecte a réalisé en 1950, le Centre social est remarquable par la clarté de composition de son plan qui permet de suivre aisément les données très complexes d'un programme aux éléments divers.
Auteur : Laprade Albert (architecte) ;Varaine Jean (architecte) ;Janniot Alfred (sculpteur)
Histoire du monument
L'hôtel des Postes et Télégraphes de Châteauroux, édifié à la fin du 19e siècle, en bordure de la Place Gambetta, fut aménagé en 1932 par l'architecte parisien Albert Laprade (né à Buzançais, dans l'Indre) et son correspondant à Châteauroux, Jean Varaine, pour installer les services de la Chambre de Commerce et d'Industrie de l'Indre. L'édifice était désaffecté puisqu'un nouvel Hôtel des Postes venait d'être construit par Paul Guadet en 1928, à l'angle des rues Condorcet et du Palais de Justice. L'intervention de Laprade se limita à la construction d'une aile en profondeur qu'il inséra entre les ailes conservées de l'ancien hôtel des Postes, à l'emplacement de la cour. Pour marquer l'entrée de la Chambre de commerce, Place Gambetta, l'architecte dessina une oeuvre classique mais très originale, qui s'intégrait parfaitement dans l'environnement. Il conçut l'entrée de la Chambre de commerce comme un édifice public antique, arc monumental ou porte de ville, ouvert sur la Place par de grandes ouvertures cintrées et dont les murs sont animés par des bossages à refends. La liaison avec les corps de bâtiment existants est habilement réalisée par les grandes arcades qui ferment les passages latéraux. Au moment où il reçut cette commande, Albert Laprade était un architecte célèbre, à la mode. Fidèle collaborateur du Maréchal Lyautey au Maroc, il s'était fait remarquer en édifiant la Résidence de Rabat et en dessinant la nouvelle ville indigène de Casablanca. L'exposition des arts décoratifs de 1925, où il avait illustré de façon exemplaire sa passion pour l'art des jardins, lui apporta la consécration. La conception du garage Citroën, rue Marbeuf à Paris (1928-1929) , est un édifice d'avant-garde, déjà caractéristique des années trente par sa monumentalité, sa volumétrie et sa mise en scène brillante de l'industrie automobile. Le Musée permanent des colonies, temple à la gloire des colonies françaises, inauguré en 1931 et dont Laprade assura l'entière direction, connut un immense succès. C'est à Alfred Janniot, grand prix de Rome, qu'il avait choisi au musée des colonies pour couvrir la façade d'une immense tapisserie de pierre où s'exprimait la propagande coloniale chère à Lyautey, que Laprade s'adressa pour exécuter le bas-relief de la Chambre de commerce où sont célébrées les richesses du département de l'Indre. Dans la production si riche et si variée d'Albert Laprade, qui compte un grand nombre d'ouvres maîtresses réalisées au cours d'une carrière d'une longévité exceptionnelle, l'entrée de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Indre est une réalisation mineure. Cependant, cet édifice à la fois moderne et classique illustre de manière exemplaire les qualités architecturales de l'ouvre de ce grand moderne éclectique du 20e siècle : mise en scène, sobriété, rigueur formelle, justesse des proportions, franchise du dessin, adéquation aux besoins, parfaite intégration dans le site urbain. Par sa volumétrie et son décor mêlant références à l'Antiquité, réalisme et régionalisme berrichon, il est représentatif de l'art monumental des années trente. En région Centre, Laprade a exercé son activité dans des domaines très différents : les usines de superphosphates d'Issoudun (Indre) et de Voves (Eure-et-Loir) , premières réalisations industrielles nées de la collaboration de l'architecte et de l'ingénieur Jean Varaine, en 1925-1926, les constructions scolaires de Châteauroux (1932-1938) et les créations de jardins.
La chapelle du château de Touvent fut édifiée en 1855. Orientée et de dimensions modestes, elle comprend un vaisseau unique de cinq travées, flanqué de bas-côtés très étroits, et terminé par une abside en hémicycle. Le décor sculpté de son architecture éclectique se distingue par un goût du détail très prononcé. La décoration intérieure est loeuvre dartistes parisiens parmi les plus renommés du moment tels Alexandre Denuelle et Eugène-Stanislas Oudinot. La chapelle possède encore son mobilier dorigine : autel, pavage en marbre, chaire, retable, etc.
2e moitié 18e siècle;3e quart 19e siècle1996/12/12 : inscrit MH partiellement
Histoire du monument
Implantée au centre d'une région où la vocation lainière était ancienne et importante, la manufacture de drap du château du Parc est l'un des exemples les plus caractéristiques de l'évolution de la manufacture traditionnelle à l'usine moderne. Elle offre la particularité d'avoir conservé, juxtaposés sur le même îlot, au bord de l'Indre, les témoignages architecturaux de sa mutation. En 1751, un drapier de Lodève établit dans l'ancien château médiéval du Parc, dépendant du domaine royal, une manufacture privilégiée pour la fabrication des draps de troupe. L'histoire de l'entreprise et les bâtiments conservés montrent que, dès sa création, la manufacture a fait l'objet d'une conception d'ensemble réfléchie. Installés sur un site hydraulique très adapté, ses vastes ateliers, à l'ordonnance simple et régulière, spécifiquement conçus pour l'activité drapière, témoignaient de la volonté d'établir une organisation du travail concentrée et fonctionnelle et de surveiller la qualité de la fabrication. Elle constituait une étape vers la manufacture concentrée, un compromis entre le regroupement sous le même toit, des processus de production et le maintien à domicile d'n grand nombre d'artisans ruraux. Tenue par des entrepreneurs, dont certains étaient issus des grands centres de fabrication de drap fin du Midi et des Ardennes, cette manufacture adopta, à une échelle plus modeste, un parti similaire à celui des importantes places drapières du royaume. L'entreprise connut souvent des difficultés. Son achat, en 1856, par Pierre Balsan, un lodévois, changea le visage de l'entreprise. Il fit construire entre 1860 et 1867, une nouvelle usine de six hectares, à l'ouest de la première, où il maintint avec succès la production traditionnelle du drap de troupe. L'emploi de la machine à vapeur permit des établissements de grande ampleur où les constructions industrielles, vastes et claires, de faible hauteur d'étage, étaient réparties selon un plan rigoureusement symétrique, imposé par la logique productive et les contraintes techniques. Les bâtiments sont caractéristiques de l'architecture manufacturière des débuts de l'ère industrielle. Ils concilient esthétique, fonctionnalité et innovations techniques. La perspective était axée sur la cheminée et le pavillon des machines, au coeur de l'établissement, l'une des plus précoces expressions du triomphalisme dans l'architecture industrielle du 19e siècle. La diffusion de la construction métallique, la multiplication des sheds liée à l'essor de l'entreprise, accentuèrent son caractère usinier, sans estomper la prétention de la manufacture de transition du Second-Empire. L'usine compta longtemps parmi les plus modernes et les plus importantes de France. Elle a largement influencé l'urbanisation de la partie ouest de la ville, en créant des maisons individuelles pour les ouvriers, des écoles et des rues organisées selon une composition orthogonale, pour relier ces équipements et ces logements à l'établissement. Le déclin de son activité traditionnelle, le drap cardé, et sa reconversion dans la production de non tissés engendrèrent une réduction progressive de la propriété et son morcellement. La fermeture de l'usine, en 1991, entraîna la désertification d'une grande partie de l'îlot.
Protection et propriété
propriété de la commune ; propriété d'une société privée
Hôtel de conception classique pour le 17e siècle, avec un corps principal entre cour et jardin. L'accès à la cour se fait par un portail Louis XIII comportant deux pilastres à bossages, supportant un fronton surmontant un arc en plein cintre. La cour intérieure est bordée par le corps principal au fond et de chaque côté par deux avant-corps rejoignant la rue. Les façades sont inchangées depuis la création.
La plus ancienne mention de cet hôtel date de 1680. Il se compose d'un corps de bâtiment central séparant la cour d'entrée du jardin, avec deux ailes en retour. Portail monumental avec arc en plein cintre et les piedroits en forme de pilastres galbés.
2e moitié 19e siècle1997/11/24 : inscrit MH partiellement
Auteur : Moreau Hippolyte (charpentier)
Histoire du monument
Trois maisons situées actuellement 12, 50 à 58 et 72, rue de la Gare, artère ouverte à partir de 1873, présentent des toits ornés de lucarnes complexes exécutées à la fin de sa vie par le Compagnon Passant Charpentier du Devoir Bon Drille du Tour de France Hippolyte Moreau, dit Berry-la-Conscience, entrepreneur de charpenterie à Châteauroux (1822-1900). Associé à son gendre, Armand Viraud, entrepreneur de travaux publics, il avait travaillé sur les grands chantiers ouverts à Châteauroux dans les dernières décennies du 19e siècle. Les ouvrages qu'Hippolyte Moreau installa en guise d'enseigne sur les maisons familiales de la rue de la Gare, traduisent toutes les fantaisies et difficultés de son métier, et condensent, comme une sorte de testament, toute sa science du trait, c'est-à-dire du tracé des volumes en pénétration, apprise sur le Tour de France. La maison, de plan rectangulaire avec pan coupé sur l'angle est, comporte trois niveaux : rez-de-chaussée utilisé comme boutique, étage et étage de comble servant d'habitation. Les murs sont en maçonnerie sur laquelle ont été appliquées des pièces de bois disposées en croix de Saint-André. L'intérêt de cet immeuble réside dans les ouvrages de charpente qui ornent les toits et couvrent les portes-fenêtres de l'étage. La porte-fenêtre centrale de la façade sur la rue de la Gare est couverte d'un balcon capucine à faîtage relevé. L'encorbellement est obtenu par une capucine flanquée de liens capucins assemblés par une croix de Saint-André. Le balcon est surmonté d'une lucarne à double capucine. La corniche en saillie est surmontée de quatre frontons triangulaires au-dessus desquels s'élève un toit polygonal. Sur le pan coupé, un balcon guitarde supporte une lucarne formée d'une double guitarde. Son comble est constitué de deux dômes croisés en V, en raccord sur les extrémités de combles droits. Rue Ledru-Rollin, un balcon établi sur un encorbellement est couvert par deux capucines divergentes, élevées sur trois poteaux et réunies par celui du centre en formant un angle. L'encorbellement en demi-cercle est porté par cinq consoles de bois retombant sur une colonne à cannelures torses. Ces deux capucines sont coiffées d'un comble à l'impériale.
Trois maisons situées actuellement 12, 50 à 58 et 72, rue de la Gare, artère ouverte à partir de 1873, présentent des toits ornés de lucarnes complexes exécutées à la fin de sa vie par le Compagnon Passant Charpentier du Devoir Bon Drille du Tour de France Hippolyte Moreau, dit Berry-la-Conscience, entrepreneur de charpenterie à Châteauroux (1822-1900). Associé à son gendre, Armand Viraud, entrepreneur de travaux publics, il avait travaillé sur les grands chantiers ouverts à Châteauroux dans les dernières décennies du 19e siècle. Les ouvrages qu'Hippolyte Moreau installa en guise d'enseigne sur les maisons familiales de la rue de la Gare, traduisent toutes les fantaisies et difficultés de son métier, et condensent, comme une sorte de testament, toute sa science du Trait, c'est-à-dire du tracé des volumes en pénétration, apprise sur le Tour de France. L'immeuble sis 72, rue de la Gare date de 1871. Il s'élève sur trois niveaux, au-dessus d'un sous-sol. Sa façade présente cinq travées régulièrement distribuées de part et d'autre de la travée centrale. Le principal intérêt réside dans l'ouvrage de charpente qui s'élève dans le comble, au niveau de la travée centrale, en prenant appui sur le mur de façade. Le plan de cette lucarne complexe que l'on peut assimiler à une triple capucine, est une tour carrée couverte d'un toit en pavillon sur lequel se raccordent des combles isolés de différentes formes. Sur cet ouvrage sont inscrites les lettres symboliques du Compagnonnage du Devoir : U.V.G.T. (Union, Vertu, Géométrie, Travail) , ainsi que l'inscription Honneur aux Arts. Les couvertures du grand comble, des combles en pyramides et polygonaux sont en ardoises droites. Celles des petits combles coniques et du dôme de façade avaient fait l'objet d'une recherche décorative que la restauration n'a pas toujours respectée. Se succédaient, disposées en frise, des ardoises droites, taillées en écaille ou en pointe. Tous ces toits étaient terminés par des épis.
Le quartier de la gare, au sud de la ville, constitue par sa structure, son aménagement, son architecture, un témoignage du développement commercial, industriel et démographique de Châteauroux dans la seconde moitié du 19e siècle. Trois maisons situées actuellement 12, 50 à 58 et 72, rue de la Gare, artère ouverte à partir de 1873, présentent des toits ornés de lucarnes complexes exécutées à la fin de sa vie par le Compagnon Passant Charpentier du Devoir Bon Drille du Tour de France Hippolyte Moreau, dit Berry-la-Conscience, entrepreneur de charpenterie à Châteauroux (1822-1900). Associé à son gendre, Armand Viraud, entrepreneur de travaux publics, il avait travaillé sur les grands chantiers ouverts à Châteauroux dans les dernières décennies du 19e siècle. Les ouvrages qu'Hippolyte Moreau installa en guise d'enseigne sur les maisons familiales de la rue de la Gare, traduisent toutes les fantaisies et difficultés de son métier, et condensent, comme une sorte de testament, toute sa science du trait, c'est-à-dire du tracé des volumes en pénétration, apprise sur le Tour de France. L'immeuble du 50, rue de la Gare, s'élève sur trois niveaux, au dessus d'un sous-sol. Sa très longue façade qui se développe en bordure de rue est régulièrement percée par une série de croisées rectangulaires disposées de part et d'autre du corps de passage central. L'intérêt de cet immeuble réside dans les ouvrages de charpente qui ornent son toit. La lucarne du n°50 est une capucine biaise à deux berceaux circulaires reliés par une traverse droite. Elle est coiffée par trois combles pyramidaux raccordés, surmontés d'un épi. Le toit brisé en pavillon qui couvre le passage d'entrée porte une grande lucarne de forme très particulière que l'on peut assimiler à une double capucine. Dans les voussures apparaissent les lettres symboliques du Compagnonnage du Devoir : U.V.G.T. (Union, Vertu, Géométrie, Travail). Le grand comble de la lucarne est couvert d'un toit en forme de pyramide aux arêtiers incurvés (de type pagode) , polygonal au faîte. Au dessus d'un couronnement polygonal en bois, orné de frontons triangulaires, s'élève une petite flèche torse à base circulaire et à dévers à droite. Elle est recouverte de zinc imitant des ardoises. Sur chacun des trois côtés de ce grand comble se raccorde un comble pyramidal plus petit, aux arêtiers courbes. Aux angles, deux combles coniques vers l'extérieur, à versant droit vers l'intérieur, sont assemblés avec les pyramides latérales. Le décor coloré est obtenu par la combinaison d'ardoises polychromes (ou de feuilles de zinc les imitant) taillées de différentes façons. Les bavettes et les épis de faîtage contribuent à l'esthétique du comble.
Source : Ministère de la Culture, base Mérimée. Licence Ouverte pour les données. Photographies Wikimedia Commons lorsqu’une image est reliée à la référence du monument, avec son crédit et sa licence. D’autres photos peuvent être consultables sur POP. La notice précise le statut de protection ; le référencement ne garantit pas l’accès au public.